Convoquée en séance plénière lundi 3 août 2026, l’Assemblée nationale a examiné et adopté quatre textes jugés prioritaires pour le développement économique et social de la Guinée. Les accords concernent notamment la réalisation d’une centrale solaire, le financement d’une importante infrastructure routière, l’évolution du projet minier de Boffa ainsi que l’achèvement de l’interconnexion électrique entre la Guinée et le Mali.
Présentant les conclusions de la Commission des lois, de l’administration générale, de la justice et des droits humains, son rapporteur, l’honorable Mohamed Ramadan Diallo, a indiqué que les parlementaires ont donné un avis favorable au financement de la centrale solaire photovoltaïque de Kamissaya, d’une capacité de 50 MWc. Évalué à 187,1 millions d’euros, ce projet est financé par un consortium bancaire conduit par Deutsche Bank et Crédit Agricole Corporate and Investment Bank, avec une garantie de Bpifrance Assurance Export.
Selon le rapporteur, cette infrastructure permettra d’accroître durablement les capacités nationales de production et de transport d’électricité, afin de répondre à une demande énergétique en constante progression.
Les députés ont également validé l’accord de financement destiné à la construction et au bitumage de la route nationale RN29 reliant Faranah à Dabola sur un linéaire de 106 kilomètres. D’un coût de 229,7 millions d’euros, le projet bénéficie d’un financement assuré par Deutsche Bank S.A.E.U., avec une garantie de l’agence espagnole CESCE.
Pour la Commission, cette route constitue un levier important pour désenclaver la Haute-Guinée, améliorer la circulation des personnes et des marchandises et soutenir le développement économique attendu autour du programme Simandou 2040.
L’examen de la convention minière amendée conclue le 21 mai 2026 entre l’État guinéen et le groupe chinois Chalco a également retenu l’attention des parlementaires. Le nouveau cadre contractuel prévoit le passage de l’exploitation de la bauxite à une phase de transformation industrielle avec la construction d’une raffinerie d’alumine d’une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes, pour un investissement estimé à près d’un milliard de dollars.
Si la Commission salue cette orientation vers une plus grande valorisation des ressources minières sur le territoire national, elle relève plusieurs insuffisances dans le texte. Les parlementaires regrettent notamment l’absence d’un calendrier précis pour les différentes étapes du projet, ce qui ne permet pas d’apprécier les délais réels de réalisation des engagements industriels.
Ils soulignent également que, dans l’hypothèse d’une résiliation partielle de la convention, seule la poursuite de l’extraction de la bauxite est garantie, tandis que le développement de la future phase consacrée à la production d’aluminium reste soumis à de simples discussions entre les parties, sans obligation de résultat ni échéance définie.
La Commission recommande par ailleurs de renforcer les dispositions relatives à l’indemnisation des populations affectées par le projet en supprimant toute ambiguïté juridique. Elle préconise aussi que toute modification substantielle de la convention soit désormais soumise à une autorisation préalable du ministre compétent plutôt qu’à une simple obligation d’information.
Enfin, les députés ont examiné deux accords conclus avec le Fonds africain de développement dans le cadre de la seconde phase du Projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali en 225 kV. Il s’agit d’un prêt de 16,25 millions d’unités de compte accompagné d’un don climatique de 2,8 millions d’unités de compte.
La Commission estime que ces financements présentent des conditions particulièrement avantageuses, avec une durée de remboursement de cinquante ans assortie d’un différé de dix ans. Toutefois, elle attire l’attention sur plusieurs défis, notamment le règlement des indemnisations encore en suspens héritées de la première phase du projet et l’absence d’engagement garantissant l’accès à l’électricité pour les communautés traversées par la future ligne.
Au terme des débats, la Commission des lois a recommandé la ratification de l’ensemble de ces accords tout en insistant sur la nécessité d’un contrôle rigoureux de leur mise en œuvre. Les parlementaires annoncent qu’ils veilleront au respect des engagements financiers, environnementaux et sociaux ainsi qu’à la transparence dans l’exécution de ces projets, qui représentent plusieurs centaines de millions d’euros et de dollars d’investissements au profit de la Guinée.
Décryptage: Amadou Diallo














