La Guinée entend donner une portée nationale au retour des restes de l’Almamy Bocar Biro Barry et de ses trois compagnons, conservés au Musée de l’Homme, à Paris. Les autorités guinéennes prévoient d’organiser des funérailles nationales dès que la France aura donné une suite favorable à la demande officielle de restitution. L’annonce a été faite samedi 8 août 2026 à Mamou par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, à l’occasion de son déplacement dans la ville carrefour pour la pose de la première pierre du Musée régional et du Centre culturel de Mamou.
La demande adressée aux autorités françaises porte sur les crânes de l’Almamy Bocar Biro Barry, de son fils Modi Sory, de son frère Thierno Ciré et de son chef de guerre Satigui Modou. Le ministre Moussa Moïse Sylla a clairement indiqué:
« Au nom du président de la République, nous avons adressé un courrier officiel à la France pour demander le retour des quatre reliques. Ce n’est donc pas pour venir les exposer dans un musée ici », a déclaré le ministre.
Moussa Moïse Sylla a également détaillé les dispositions envisagées par les autorités guinéennes en cas de réponse favorable de la France:
« Dès que la demande recevra une réponse positive, sur instruction du président de la République, nous organiserons des funérailles nationales en l’honneur de l’Almamy Bocar Biro et ferons en sorte que lui et ses compagnons soient enterrés », a-t-il précisé.
Dernier souverain de l’État théocratique du Fouta-Djalon, l’Almamy Bocar Biro Barry demeure l’une des grandes figures historiques de la résistance guinéenne à la pénétration coloniale française. Il est tombé en 1896 lors de la bataille de Porédaka, après s’être opposé à l’avancée des forces coloniales françaises.
À travers la demande de restitution de ses restes et ceux de ses trois compagnons, les autorités guinéennes souhaitent ainsi réhabiliter la mémoire de ces figures historiques et leur rendre un hommage officiel.
Pour le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, cette démarche s’inscrit dans une politique plus large de valorisation de l’histoire nationale et de réhabilitation de celles et ceux qui ont défendu la souveraineté, la résistance et la dignité de la Guinée.
Décryptage: Amadou Diallo













