L’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo franchit un cap dramatique en dépassant la barre des 2 000 morts pour plus de 4 300 cas confirmés depuis son apparition officielle en mai. Propagée dans les provinces de l’Est et du Nord-Est, cette flambée menace de devenir la plus grave jamais enregistrée à l’échelle mondiale, rejoignant les sombres records du conflit sanitaire de 2018-2020.
La situation est d’autant plus critique que la crise est causée par le variant Bundibugyo, contre lequel il n’existe actuellement aucun traitement ni vaccin homologué, avec un taux de mortalité frôlant les 46 %. Les efforts des équipes de santé sont par ailleurs fortement entravés par l’insécurité liée aux groupes armés, la précarité des infrastructures et une profonde méfiance des populations, dont près de 70 % préfèrent rester à domicile au risque de perpétuer les contagions lors des rites funéraires.
Face à cette urgence sanitaire internationale, la riposte médicale tente de s’organiser pour freiner le pic de l’épidémie, que les autorités espèrent contenir d’ici trois mois. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé de tester en urgence le vaccin Ervebo, normalement destiné à d’autres souches, directement en phase 3 d’essais cliniques, en s’appuyant sur les stocks stratégiques gérés par l’Alliance Gavi. En parallèle, la recherche scientifique s’accélère avec le développement de plusieurs candidats vaccins spécifiques au variant Bundibugyo par des laboratoires et des universités internationales.
Ces initiatives bénéficient d’un soutien financier accru de la communauté internationale, concrétisé notamment par une enveloppe supplémentaire de plus de 242 millions de dollars débloquée par les États-Unis pour appuyer la réponse d’urgence sur le terrain congolais.













