L’épidémie d’Ebola qui se propage à une vitesse inédite en République démocratique du Congo est devenue lundi 17 août 2026 la plus meurtrière de l’histoire du pays, avec 2 325 morts sur 4 945 cas confirmés en seulement trois mois, dépassant le bilan de la flambée de 2018-2020 qui avait fait 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés. Causée par la souche Bundibugyo, cette 17e épidémie déclarée par la RDC le 15 mai avec plusieurs semaines de retard tue une personne toutes les trente minutes selon le chef des affaires humanitaires de l’ONU, et s’est déjà propagée à six provinces d’un pays où les flux de population échappent largement à la surveillance.
Selon l’Africa CDC, elle a généré en trois mois sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts que les trois premiers mois de l’épidémie ouest-africaine de 2014, la plus meurtrière jamais enregistrée sur le continent. L’Ituri concentre à lui seul près de 90 % des cas depuis la mi-mai, tandis que l’Ouganda voisin, touché par 20 contaminations et deux décès, a annoncé mi-juillet ne plus compter aucun malade.
Sur le terrain, la réponse se heurte à une défiance persistante des populations : selon le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique Mohamed Janabi, plus de 70 % des décès surviennent au sein des communautés plutôt que dans les centres de traitement, nombre de malades étant soignés à domicile par crainte des structures médicales, parfois jusqu’à ce que leur état s’aggrave trop tard.














