L’interdiction des plastiques peut être une bonne initiative pour lutter contre la prolifération des déchets, mais sa mise en œuvre nécessite des alternatives adaptées. C’est l’avis de l’environnementaliste Mahamadou Cellou Diallo, qui appelle à poursuivre la réflexion sur la gestion des déchets plastiques en Guinée.
Selon lui, l’interdiction des sachets plastiques est une « très belle idée », notamment au regard de leur présence dans les rues et de leur impact sur les caniveaux. Mais l’environnementaliste s’interroge sur la faisabilité d’une telle mesure.
Mahamadou Cellou Diallo rappelle que la Guinée compte déjà trois à quatre entreprises spécialisées dans le recyclage des plastiques. Pourtant, ces structures rencontreraient des difficultés à accéder à suffisamment de matières plastiques à recycler.
Pour l’environnementaliste, l’organisation de la collecte et du tri à la base pourrait permettre de résoudre cette difficulté. Il estime que faciliter la collecte et le tri des déchets permettrait aux entreprises déjà présentes de récupérer les plastiques nécessaires à leur activité.
Concernant le remplacement des sachets d’eau par des bidons, Mahamadou Cellou Diallo soulève également la question de leur devenir. Il rappelle que les bidons sont eux aussi fabriqués en plastique et souligne l’absence, selon lui, d’entreprises spécialisées dans leur recyclage en Guinée.
L’environnementaliste évoque par ailleurs les difficultés d’accès à l’eau potable. Il estime que la fermeture des entreprises produisant les sachets d’eau pourrait créer d’autres problèmes, notamment pour les populations qui dépendent de cette eau.
Pour Mahamadou Cellou Diallo, l’enjeu est donc de trouver une solution qui permette de réduire les déchets plastiques sans créer de nouvelles difficultés. Il appelle ainsi à poursuivre les réflexions entre l’organisation du tri et de la collecte, le recyclage et l’éventuelle interdiction des plastiques.
« Le remède ne devrait pas être pire que le mal », résume en substance l’environnementaliste, qui invite à mieux penser les alternatives avant toute mesure d’interdiction.
Aboubacar Sidiki Camara














