La Guinée reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses besoins en produits carnés. Plus de 60 % des matières carnées consommées dans le pays proviennent d’un pays voisin. Un constat dressé ce week-end par le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, lors d’un événement consacré aux jeunes entrepreneurs. Face à cette situation, il appelle à une mobilisation pour développer la production nationale et présente le secteur comme une opportunité économique pour la jeunesse.
Selon le ministre, la Guinée ne parvient pas à couvrir suffisamment ses besoins en viande bovine, en viande de petits ruminants, en viande porcine et en poulet. Il estime que cette dépendance constitue à la fois un défi pour le pays et une occasion pour les jeunes de créer des activités génératrices de revenus. Pour inverser la tendance, cinq grands investisseurs agricoles ont déjà décidé d’engager des investissements dans des segments clés de la chaîne de valeur, notamment les couvoirs, les abattoirs modernes et les unités de production de reproducteurs destinées à fournir des poussins d’un jour.
Pour soutenir les petits producteurs, le département de l’Élevage mise également sur la création de clusters agricoles dans les préfectures du pays. Ces infrastructures, qui seront construites par l’État, doivent permettre aux jeunes de bénéficier de poussins d’un jour, d’aliments produits par les grands investisseurs, ainsi que d’un accompagnement technique et financier. Selon Alpha Bacar Barry, cette initiative vise à favoriser l’emploi des jeunes et à renforcer la production locale.
Parallèlement, plusieurs mesures sont annoncées pour réduire les coûts de production et améliorer les capacités des éleveurs. Le ministre évoque notamment la disponibilité prochaine de 22 000 tonnes de maïs à Conakry, destinées à contribuer à la baisse du coût de l’alimentation des volailles, ainsi que de 3 000 tonnes d’aliments pour les petits ruminants. Il annonce également l’arrivée de chèvres de races améliorées, de vaches de différentes races, de 188 mini-tracteurs équipés pour la culture fourragère et de 2 500 bovins de races brésiliennes, notamment les Nellore et les Girlandos, présentés comme adaptés à une production laitière importante.
À travers ces différentes initiatives, le ministre de l’Élevage entend encourager le développement d’un élevage plus productif et réduire la dépendance de la Guinée aux importations. Il considère que la disponibilité des intrants, des équipements et de l’encadrement technique constitue un levier essentiel pour permettre aux jeunes entrepreneurs de s’investir davantage dans le secteur et contribuer à l’émergence d’une production agricole et animale « made in Guinea ».
Aboubacar Sidiki Camara













