Le Fonds national pour l’insertion des jeunes (FONIJ) a réuni, le 29 septembre 2026, 500 jeunes venus de différentes régions et de Conakry autour d’un même enjeu, faire de la formation un véritable tremplin vers l’emploi, l’entrepreneuriat et l’autonomie économique. À travers le programme « Lassiri FONIJ », l’institution entend renforcer l’employabilité des jeunes et les accompagner de l’idée à la concrétisation de leurs projets.
La rencontre n’avait pas pour seul objectif de former. Elle se voulait également un espace d’information, d’orientation et de mise en relation avec les dispositifs publics d’accompagnement. Pendant la session, les participants ont été édifiés sur les possibilités offertes dans les domaines de l’entrepreneuriat, de l’emploi et du financement des initiatives portées par les jeunes.
À travers ce programme, le FONIJ affiche des objectifs précis, former et insérer 500 jeunes, financer 100 microprojets et développer des compétences adaptées aux besoins du marché de l’emploi. Les formations et dispositifs d’accompagnement ciblent notamment les métiers techniques et numériques, l’agro-industrie, l’artisanat ainsi que les métiers liés aux énergies.

Pour le directeur général du FONIJ, Abdourahmane Baldé, cette approche traduit la volonté de l’institution d’aller directement à la rencontre des jeunes, d’identifier leurs besoins et de leur proposer un accompagnement adapté: « Nous sommes à votre écoute pour identifier vos besoins et vous accompagner par des conseils, des orientations et de l’inspiration. Nous vous accompagnons également sur le plan technique et financier. C’est tout le sens du Fonds national pour l’insertion des jeunes », a-t-il déclaré.
Le FONIJ entend ainsi jouer un rôle de passerelle entre les aspirations des jeunes et les opportunités existantes. Incubateurs, structures d’accompagnement, « Passeport Jeune » ou encore Grand Prix destiné aux jeunes porteurs de start-up figurent parmi les mécanismes évoqués au cours de la rencontre.
L’un des messages forts adressés aux participants concerne l’accès à l’accompagnement, y compris pour ceux qui ne disposent pas encore d’une entreprise formalisée: « Vous pouvez venir au Fonds avec vos entreprises ou sans entreprise. Nous pouvons vous aider dans votre processus de formalisation », a expliqué Abdourahmane Baldé.

Cette possibilité vise notamment à permettre aux jeunes porteurs d’idées de franchir progressivement les différentes étapes : structuration du projet, formalisation, accompagnement technique et, lorsque les conditions sont réunies, accès aux mécanismes de financement. Le directeur général du FONIJ a toutefois rappelé l’importance de la formalisation pour accéder à certains dispositifs de financement, en collaboration avec les structures compétentes.

Présidant la rencontre, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a insisté sur la nécessité de dépasser le modèle des formations qui s’arrêtent à la remise d’une attestation. Pour lui, la véritable mesure de l’efficacité d’une politique d’insertion réside dans les résultats obtenus sur le terrain:
« Nous voulons former pour orienter, former pour accompagner, former pour insérer. Former pour permettre effectivement à un jeune de créer son entreprise, de trouver un emploi, de transformer une idée en un projet concret », a-t-il déclaré.»
Le ministre a ainsi appelé les structures chargées de la jeunesse à assurer un suivi au-delà des sessions de formation, en identifiant les projets à potentiel, en orientant leurs porteurs et en créant des passerelles entre les différents dispositifs d’accompagnement: « Le travail ne doit donc pas s’arrêter seulement aujourd’hui, lorsque vous quitterez cette salle. C’est justement aujourd’hui que le travail commence », a-t-il insisté.
Cette vision s’inscrit, selon le ministre, dans la dynamique de la Guinée Vision 2040, avec un accent particulier sur le développement du capital humain. Les ressources minières constituent une richesse importante pour le pays, l’enjeu consiste également à renforcer les compétences, la créativité et la capacité d’entreprendre de la jeunesse:
« Nous avons une richesse minière considérable, mais le véritable défi est de transformer progressivement cette richesse du sous-sol en capital humain. C’est votre compétence, c’est votre créativité, c’est votre capacité à entreprendre », a soutenu Lansana Béa Diallo.

Dans cette perspective, l’accompagnement des jeunes ne doit pas seulement viser la recherche d’un emploi. Il doit également favoriser l’émergence de porteurs de projets capables de créer de la valeur et, à leur tour, de générer des opportunités pour d’autres. Le ministre a également insisté sur l’accessibilité des structures publiques chargées de l’accompagnement des jeunes. Pour lui, les dispositifs doivent être suffisamment opérationnels pour apporter des réponses directement sur le terrain:« Il n’est pas normal qu’un jeune vienne frapper à la porte du ministre de la Jeunesse pour dire : “J’ai un problème.” »
Avant d’ajouter: « Si vous arrivez jusqu’à moi, c’est que quelque part, nous aurons tous échoué. » Un message qui traduit une volonté de rapprocher les dispositifs publics des bénéficiaires et de faire de l’accompagnement de proximité un levier central de la politique d’insertion.
Au-delà du nombre de jeunes formés, l’ambition affichée est désormais de mesurer les effets concrets des programmes. Le ministre souhaite ainsi voir émerger davantage de projets effectivement lancés, d’activités créées et de jeunes insérés:
« J’aimerais que nous puissions parler de projets lancés, d’activités créées, de jeunes insérés et de réussites que nous pourrons montrer à d’autres jeunes », a-t-il souhaité.
Autre temps fort de la rencontre, le message adressé aux jeunes sur la migration irrégulière. Lansana Béa Diallo les a invités à ne pas considérer le départ vers l’étranger comme la seule voie possible vers la réussite. Il les a encouragés à explorer les opportunités disponibles en Guinée, à croire en leurs capacités et surtout à persévérer face aux difficultés:
« C’est à vous de décider de rester, de vous donner des opportunités et de construire votre avenir ici. Croyez en vous. Croyez en vos capacités », a-t-il lancé.
Et parce que l’entrepreneuriat est aussi une école de persévérance, il a appelé les jeunes à ne pas renoncer après un premier échec: « Même si vous avez essayé dix fois et que vous avez échoué, n’abandonnez pas. Recommencez une onzième fois. »

Avec la mobilisation de 500 jeunes et les objectifs annoncés à travers « Lassiri FONIJ », le FONIJ veut inscrire son action dans une logique de continuité , former, orienter, accompagner, financer et suivre. L’enjeu est désormais de faire vivre les projets au-delà des salles de formation, de faciliter leur formalisation et de rapprocher les jeunes des mécanismes publics susceptibles de les accompagner.
À Conakry, le message est donc clair, la formation n’est plus présentée comme une finalité, mais comme le point de départ d’un parcours. Celui qui doit conduire les jeunes Guinéens de l’apprentissage à l’action, de l’idée au projet et du projet à l’activité économique. Avec « Lassiri FONIJ », le défi posé est désormais celui des résultats. Transformer les ambitions de 500 jeunes en compétences, en initiatives et, demain, en opportunités concrètes.
Amadou Diallo













