Après le verdict prononcé par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) contre l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, son conseil, Maître Facinet Soumah, est sorti de son silence. Ce lundi 26 octobre 2026, l’avocat a vivement contesté la décision, notamment la confiscation des biens de son client, qu’il estime injustifiée au regard du parcours professionnel et du patrimoine de l’ancien haut magistrat. Il annonce poursuivre le combat pour la réhabilitation de son image et la préservation de sa dignité.
Prenant la parole pour réagir à la condamnation de son client, Maître Facinet Soumah n’a pas caché son indignation. Pour lui, le verdict rendu par la CRIEF est en décalage avec les débats qui ont eu lieu au cours de la procédure. Il dit attendre la décision intégralement motivée afin de pouvoir l’examiner en profondeur:
« La décision qui est tombée est loin, je dis bien très, très loin des débats qui ont été menés. Ce n’est pas le résultat de ceci. C’est une décision catastrophique, extraordinaire, et je suis sur ma fin. Je veux voir la décision complètement rédigée et l’analyser. Mais je ne sais pas d’où viennent toutes ces choses-là.
M. Mohamed Lamine Bangoura a travaillé pendant plus de 40 ans avant d’être à la Cour constitutionnelle. Il a eu des réussites matérielles pendant plus de 40 ans avant d’être à la Cour constitutionnelle. M. Mohamed Lamine Bangoura est propriétaire immobilier depuis plusieurs années avant d’être à la Cour constitutionnelle.
Au-delà de tout ça, M. Bangoura est venu à la Cour constitutionnelle, il avait quand même un traitement. Et c’est pour nous dire que c’est comme si quelqu’un qui travaille au sein d’une institution n’avait droit à rien, travaillait gratuitement et ne gagnait rien. Ne serait-ce que son traitement à la Cour constitutionnelle pouvait lui permettre de faire une réalisation, au moins construire une maison. Mais si on dit que tous les biens sont confisqués, c’est vraiment extraordinaire.
Donc, aujourd’hui, si on vous demande de travailler pour l’État, vous allez réfléchir mille fois avant de venir. Si c’est comme ça, il y a manifestement de l’arbitraire dans la décision qui est intervenue relativement au dossier de M. Mohamed Lamine Bangoura.
J’ai échangé avec lui, son moral est au beau fixe. C’est un grand homme. C’est une personnalité de ce pays qui a dirigé la Cour constitutionnelle de la République de Guinée, qui est un professeur émérite de droit à l’Université Général Lansana Conté, la plus grande de la République de Guinée.
Donc, il a le moral au beau fixe. Il sait qu’il est condamné à tort et nous continuons à nous battre pour que sa dignité, pour que sa crédibilité, sa personnalité, il l’a déjà, lui soient restituées. »
À travers cette sortie, Maître Facinet Soumah entend poursuivre la contestation du verdict rendu contre son client. Dans l’attente de la décision intégralement rédigée, qui lui permettra d’en examiner les motifs, l’avocat maintient sa position et promet de continuer à défendre Mohamed Lamine Bangoura.
Reste désormais à connaître les motivations précises de la décision de la CRIEF et les suites que la défense entend donner à cette affaire, qui continue de susciter des réactions autour de la condamnation de l’ancien président de la Cour constitutionnelle.














