De la pépinière au laboratoire de conservation des graines, Rio Tinto Simfer expérimente et prépare la renaissance du couvert végétal sur ses sites. Le mégaprojet minier de Simandou, en Guinée, entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Mais derrière les infrastructures minières, les rails et les installations portuaires qui prennent forme chaque jour, un autre chantier avance, celui de la restauration de la biodiversité.
Dans le cadre de sa démarche de transparence sur les activités menées sur le terrain, loin des projecteurs de la capitale, Rio Tinto Simfer, chargé de l’exploitation des blocs 3 et 4, une vingtaine de journalistes ont effectué une immersion sur ces différents sites afin de découvrir les réalisations en cours. Premier arrêt de ce carnet de voyage (Canga,) où se trouve une pépinière consacrée à la multiplication des espèces végétales locales. Ici, le travail ne consiste pas simplement à planter des arbres. Il s’agit d’abord de comprendre, de sélectionner, de faire germer et de suivre des espèces parfois rares, avant de les réintroduire dans leur environnement.
À l’intérieur de cette pépinière, la docteure Denise Molmou accueille les visiteurs et présente le travail réalisé autour de la conservation des espèces végétales. D’emblée, elle insiste sur un choix fondamental, privilégier exclusivement les espèces natives : « Au niveau de la pépinière, nous n’avons que des espèces natives. Il n’y a pas d’espèces exotiques », précise-t-elle. L’objectif est de maîtriser les techniques de multiplication de ces plantes, dont certaines présentent un intérêt particulier pour les communautés locales. Plantes médicinales, espèces alimentaires, végétaux utilisés dans la construction ou encore plantes jouant un rôle essentiel dans l’équilibre écologique, chacune possède une valeur particulière.
Certaines sont même rares, voire endémiques. Leur multiplication représente donc un véritable défi scientifique et environnemental : « Notre objectif est de commencer par faire germer l’espèce, de suivre tout son cycle jusqu’à ce que la plante soit capable d’être transplantée dans une autre localité », explique la spécialiste. Un processus qui exige de la prudence. Car déplacer une plante hors de son habitat naturel sans maîtriser son comportement peut favoriser son adaptation excessive et présenter un risque d’envahissement. D’où l’importance du suivi scientifique avant toute transplantation. Pour l’année en cours, Rio Tinto Simfer annonce avoir produit plus de 8 000 plants issus de 27 espèces végétales. Une production orientée prioritairement vers les espèces présentant des enjeux de conservation.
Au moment de la visite des journalistes, la pépinière semblait relativement dégagée. Une situation que la docteure Denise Malmou explique simplement, les opérations de transplantation étaient déjà achevées. Certaines espèces poursuivent néanmoins leur développement, entre floraison et croissance, en attendant les prochaines étapes du programme. Parmi les plantes présentées figurent notamment Hallea stipulosa, Eriosema, Aloe buettneri, Phyllanthus magnificens, le petit Cola, également appelé Gardenia kola, Terminalia superba et Picralima nitida. Autant d’espèces qui témoignent de la richesse floristique de la région et de la volonté affichée de préserver des ressources végétales parfois menacées.
Mais la restauration de la biodiversité ne commence pas uniquement dans les pépinières. Elle prend également forme dans les laboratoires et les espaces de conservation des graines. Depuis 2005, plus de 1 400 espèces végétales ont été identifiées. Parmi elles, 42 sont considérées comme des espèces de conservation et font l’objet d’une évaluation selon les catégories de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (ICN), notamment celles des espèces en danger critique, en danger ou vulnérables. Devant les journalistes, la docteure Denise Malmou présente le dispositif de collecte et de conservation des graines. Le principe repose sur une organisation en plusieurs étapes. Après leur collecte, les graines sont réparties entre différentes destinations, une partie est destinée à la conservation à long terme, une autre est remise à une institution nationale, tandis que le reste est conservé sur place et utilisé pour des expérimentations. Ces expérimentations permettent notamment d’étudier le comportement des espèces dans différents environnements, à travers des sites tels que les forêts classées de Ziama et du Nimba, ainsi que d’autres localités citées par l’équipe.
Dans les frigos de conservation, certaines collections de graines remontent à plusieurs années. Elles sont conservées dans des conditions contrôlées afin de préserver leur capacité germinative.Tous les six mois, des tests sont réalisés pour vérifier que les graines conservent leur pouvoir de germination. Le procédé est minutieux, seule la quantité nécessaire aux tests est retirée du stock. Le reste est immédiatement replacé au froid afin de maintenir les conditions de conservation. Dans le laboratoire, les équipes suivent quotidiennement l’évolution des graines mises en expérimentation. Si dix graines sont mises à germer, chacune est comptabilisée au fil des jours pour mesurer le taux de germination et observer leur capacité d’adaptation. Derrière ces gestes apparemment simples se cache un travail scientifique de longue haleine, indispensable pour mieux connaître les espèces locales et préparer leur restauration.

À Simandou, l’histoire ne se limite donc pas à l’extraction du minerai de fer, à la construction du chemin de fer ou au développement des infrastructures portuaires. À travers sa pépinière, ses laboratoires et ses dispositifs de conservation des graines, Rio Tinto Simfer met également en avant un programme de restauration de la biodiversité, fondé sur l’identification, la multiplication et le suivi des espèces végétales locales. De la graine conservée au réfrigérateur au jeune plant prêt à être transplanté, chaque étape participe à cette ambition environnementale.
Pour ce premier épisode de notre carnet de voyage au cœur des installations de Rio Tinto Simfer, nous avons découvert un chantier moins visible que les gigantesques infrastructures minières, mais tout aussi important dans les enjeux environnementaux du projet. Dans nos prochains articles, d’autres facettes des activités de Rio Tinto Simfer, observées au plus près du terrain, vous seront dévoilées.
Amadou Diallo














