La capitale guinéenne fait-elle face à une nouvelle pénurie de carburant, principalement d’essence ? Il est encore difficile de répondre avec certitude à cette question ce mardi 3 mars 2026, aux environs de 9 heures. Toutefois, sur les principales artères de la ville, un constat s’impose. De longues files d’attente s’étirent devant plusieurs stations-service, et l’inquiétude gagne de plus en plus les automobilistes.
De Sonfonia à Lambanyi, en passant par Kipé, Yattaya, Fossidet et Foulamadina, où nous avons effectué un tour ce matin, de nombreuses stations-service sont à l’arrêt. Rideaux baissés, pompes inactives, parkings presque vides. Le décor contraste avec l’affluence inhabituelle observée devant les rares points de vente encore fonctionnels.

À Lambanyi, en face de la Maison des jeunes, une seule station continuait à servir les clients. Ailleurs, certaines stations ne distribuent que du gasoil, à l’image de la TMI et de celle située au rond-point de Cosa.
Moussa Kourouma, automobiliste rencontré sur place, ne cache pas son désarroi: « Vous parlez d’aujourd’hui, mais moi j’ai commencé depuis hier nuit à la station de Sonfonia. Comme c’est le Ramadan, certains sont rentrés, mais moi je continue à chercher. Aujourd’hui, je suis à Fossidet, à ma neuvième station, sans rien obtenir. Je suis vraiment déçu. Aucune réponse, aucun communiqué. Je ne comprends pas pourquoi nous devons encore subir cela en 2026. » Comme lui, de nombreux conducteurs interrogés dénoncent le silence des autorités et l’absence de communication officielle sur l’origine de ces perturbations.

Dans les différentes stations visitées, aucun responsable n’a accepté de s’exprimer publiquement. À la station TMI de Lambanyi, un pompiste, visiblement dépassé par la situation, a simplement déclaré: « Moi, je suis ici pour travailler. On m’a dit ce matin de servir le gasoil, c’est ce que je fais. Je ne sais pas s’il y a un manque ou pas. Mon chef n’est pas là et je ne suis pas autorisé à donner son numéro. Il faut revenir après… »
Dans certains quartiers de la haute banlieue, la situation prend une tournure plus préoccupante. Le carburant se négocie déjà sur le marché noir entre 20 000 et 25 000 francs guinéens le litre, bien au-dessus du prix officiel. Une flambée qui accentue la frustration des citoyens et fait craindre un impact sur les transports, les activités économiques et le quotidien des ménages.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’est venue confirmer ou infirmer l’existence d’une pénurie. Sur le terrain, cependant, les images parlent d’elles-mêmes. Files interminables, conducteurs exaspérés, stations fermées ou partiellement opérationnelles.
Les citoyens rencontrés appellent les autorités à communiquer rapidement et clairement afin de préciser s’il existe ou non un manque de « l’or noir » en Guinée, et d’éviter une aggravation de la situation qui pourrait paralyser davantage la capitale.
Amadou Diallo














