L’éclatement d’un conflit armé impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran pourrait provoquer une onde de choc sur les économies africaines, principalement à travers la paralysie du détroit d’Ormuz. Ce point de passage, par lequel transite environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, est le poumon énergétique de nombreux pays importateurs du continent.
Le détroit du Golfe Persique enregistre en effet un trafic de près de 15 millions de barils de pétrole par jour, soit au moins de 20% du pétrole mondial. Dimanche, 24 heures après le début des bombardements, au moins 150 pétroliers étaient ainsi bloqués dans le Golfe Persique.
Dans les premiers échanges, les Bourses de Paris, Francfort, Londres, Milan ou encore Madrid perdaient entre 1,5 et 2 %, après des pertes de la même ampleur la veille.
Avec l’intensification des hostilités, le baril de Brent pourrait atteindre les 100 dollars. Une envolée qui pourrait se traduire par une inflation galopante des coûts de transport et des produits de première nécessité, menaçant la stabilité économique et sociale de plusieurs capitales africaines.
Sur le plan commercial, les répercussions sont tout aussi à prévoir et anticiper, car la perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales reste à craindre. L’Iran, bien que sous sanctions, reste un partenaire économique pour certaines nations africaines, mais c’est surtout l’instabilité régionale globale qui freine les investissements directs étrangers (IDE).
Enfin, cette crise redessine une nouvelle géographie des opportunités et des dépendances pour les puissances pétrolières du continent. Des pays comme le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie pourraient, en théorie, bénéficier de la hausse des prix et voir la demande européenne augmenter pour compenser l’absence du brut persan.
Cependant, cette manne financière reste précaire face à l’augmentation symétrique des coûts d’importation des produits raffinés et des engrais, dont la région du Golfe est un fournisseur majeur.
De plus, l’embrasement en cours, avec des pays comme la France, l’Allemagne ou encore l’Angleterre qui menacenet d’entrer en guerre, mais aussi les ripostes iraniennens qui touchent des installations petrolières, notamment en Arabie Saoudite, sont des facteurs qui pourraient, à court terme, accélérer les perturbations sur les marchés.
Réunie à Abuja le 28 février 2026, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a déjà exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade des tensions dans cette région du Golfe. L’organisation ouest-africaine redoute, légitimement, de lourdes conséquences sur les marchés mondiaux de l’énergie, le commerce international et les chaînes d’approvisionnement alimentaire.
À terme, ce conflit contraint l’Afrique à accélérer sa quête de souveraineté énergétique pour ne plus subir de plein fouet les soubresauts d’une zone géopolitique dont elle demeure tributaire.
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