Une notaire a engagé des poursuites contre un démarcheur dans une affaire présumée d’escroquerie portant sur un montant de 420 millions de francs guinéens. Maître André Dabo accuse Mohamed Camara d’avoir usurpé l’identité d’un ancien ambassadeur afin de vendre le terrain de ce dernier, situé à Nongo, dans la commune de Lambadji.
À la barre du tribunal correctionnel de Dixinn, ce lundi, le prévenu, en détention depuis près de deux ans, a rejeté catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Il affirme avoir agi à la demande d’un certain Arafan Kaba, niant toute implication dans une quelconque manœuvre frauduleuse.
Les faits remontent à la fin de l’année 2004, à Nongo. Selon la plaignante, le démarcheur aurait usurpé l’identité du véritable propriétaire du terrain. Au cours de l’audience, Mohamed Camara a été longuement confronté à Arafan Kaba, présenté comme l’intermédiaire ayant facilité la mise en relation pour la vente du terrain à Macky Koulibaly, un entrepreneur devenu client de la notaire chargée de formaliser la transaction.
D’après Maître André Dabo, le mis en cause aurait perçu 420 millions de francs guinéens sur un montant total de deux milliards convenu lors de l’accord de vente. Constituée partie civile, la notaire affirme qu’au terme de ses vérifications, il ressort que le démarcheur, avec l’aide de complices, aurait usurpé l’identité du véritable propriétaire dans le but de soutirer de l’argent.
Des accusations fermement contestées par Mohamed Camara. Ce dernier soutient avoir simplement servi d’intermédiaire, à la demande de la propriétaire présumée, en mettant en relation l’acheteur avec celle-ci. Il affirme également n’avoir perçu aucun montant sur les 420 millions de francs correspondant au premier versement effectué lors de la promesse de vente.
Un argument qui n’a pas convaincu le tribunal. Confronté à l’acheteur, Macky Koulibaly a déclaré à la barre avoir été victime d’un abus de confiance, accusant le démarcheur de lui avoir vendu un terrain dont il a finalement été dessaisi.
Le parquet, tout comme la partie civile, estime que le prévenu tente de dissimuler la vérité afin d’échapper à une condamnation. Mohamed Camara est poursuivi pour complicité d’escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que stellionat.
L’affaire a été renvoyée devant le tribunal de première instance de Dixinn pour la suite de la procédure, notamment les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.
AOB














