L’examen du volet recettes du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 se poursuit à l’Assemblée nationale. Réunis en séance plénière ce samedi 31 octobre 2026, les conseillers nationaux ont été saisis du rapport de la Commission des affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, présentant les principales modifications apportées aux prévisions budgétaires de l’État.
Lu par l’honorable N’Gouamou Fabara Koné, le rapport de la commission met en évidence une révision à la hausse des recettes publiques, mais également plusieurs réajustements des principaux indicateurs macroéconomiques et des mécanismes de financement du budget. Selon les nouvelles prévisions, les recettes totales du budget de l’État sont désormais estimées à 60 064,47 milliards de francs guinéens, contre 55 858,10 milliards GNF dans la loi de finances initiale (LFI) 2026. Cette évolution représente une augmentation de 4 206,37 milliards GNF, soit une progression de 7,53 %.
Dans le détail, les recettes du budget général sont réévaluées à 57 664,90 milliards GNF, contre 53 431,86 milliards GNF initialement prévus, soit une hausse de 4 233,04 milliards GNF (+7,92 %). Les budgets d’affectation spéciale (BAS) sont, quant à eux, estimés à 2 399,57 milliards GNF. Ils représentent 3,99 % des recettes totales, contre 96,01 % pour le budget général.
Au-delà de l’augmentation des recettes, le PLFR 2026 introduit plusieurs changements dans les hypothèses macroéconomiques retenues par le gouvernement.Le taux d’inflation est notamment revu à la hausse, passant de 3,5 % à 5,2 %. Le taux de change prévisionnel est désormais fixé à 8 710 GNF pour un dollar américain, contre 8 838 GNF dans les projections initiales. Le produit intérieur brut (PIB) nominal connaît, pour sa part, une révision à la baisse, passant de 401 670 milliards à 392 503 milliards GNF. L’objectif de croissance économique est également ramené de 9,5 % à 8,6 %.
En revanche, le taux de pression fiscale est revu à la hausse, passant de 12,13 % à 14,23 % du PIB. Le déficit budgétaire s’améliore légèrement, avec une nouvelle estimation de -2,01 % du PIB, contre -2,07 % dans la loi de finances initiale. Le rapport prend également en compte les pertes de recettes pétrolières consenties par l’État pour maintenir le prix du carburant à la pompe à 12 000 GNF, ainsi que l’appui budgétaire des partenaires techniques et financiers. À ce titre, une contribution de 78,05 milliards GNF de la France, dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), est intégrée aux prévisions. Sur le volet financement, la commission relève une révision à la baisse des prévisions de numéraires et de dépôts du Trésor public auprès de la Banque centrale. Celles-ci passent de 4 500 milliards à 2 706 milliards GNF, soit une diminution de 1 794 milliards GNF.
En parallèle, le volume des emprunts obligataires augmente de 1 089,84 milliards GNF, tandis que les émissions de titres d’État connaissent une hausse supplémentaire de 1 000 milliards GNF.
D’autres ajustements sont également intégrés dans le projet de budget rectificatif. Ils concernent notamment la prise en compte des conclusions de la retraite de Yorokoguia consacrée à la revue de la qualité des projets du programme Simandou 2040 (MPS-2040), ainsi que l’adaptation des prévisions à la nouvelle architecture gouvernementale.
Le rapport prévoit par ailleurs la constitution d’une provision de 913 milliards GNF destinée au financement de la subvention de stabilisation des prix des produits pétroliers. Cette enveloppe vient compléter les pertes de recettes déjà supportées par l’État dans le cadre de la structure des prix des hydrocarbures.
Amadou Diallo














