Trente-neuf personnes interpellées dans le cadre d’une opération de lutte contre la consommation et le trafic de stupéfiants à Kankan ont été remises en liberté après deux mois de détention. Placées sous mandat de dépôt à l’issue de cette opération annoncée le 30 septembre dernier, elles ont finalement bénéficié d’une décision de justice pour insuffisance de preuves. Après leur comparution,le procureur est revenu sur les raisons de cette décision devant la presse.
Dans sa déclaration, Ibrahima I Camara a notamment expliqué que les débats à l’audience n’avaient pas permis d’établir la culpabilité de la majorité des prévenus:
« Quand nous avons pris le service, il y avait effectivement des personnes qui avaient été interpellées pour des faits de détention et de consommation de chanvre indien. Mais aujourd’hui, à l’audience, après les débats, il s’est avéré que la majeure partie de ceux qui ont comparu à la barre n’avaient pas été trouvés en possession de chanvre indien. Il n’y avait pas non plus de scellés dans les dossiers. Nous avons également trouvé parmi eux des personnes qui ne jouissent pas de toutes leurs facultés mentales et d’autres qui sont sans domicile fixe.
Vous savez, lorsqu’il n’y a pas suffisamment de preuves, le tribunal est en droit de renvoyer les prévenus des fins de la poursuite. Donc, moi, en tant que procureur de la République, avec les agents, nous allons rechercher les véritables auteurs, ceux qui prennent les stupéfiants, les transportent et viennent les vendre ici, afin de les interpeller. »
Le procureur entend ainsi réorienter les enquêtes vers les véritables acteurs des circuits d’approvisionnement et de commercialisation des stupéfiants à Kankan. Il réaffirme sa volonté de poursuivre la lutte contre ce phénomène, tout en insistant sur la nécessité de réunir des preuves suffisantes avant toute condamnation judiciaire.
Amadou Diallo














