Des travailleurs de l’entreprise Topaz se sont fortement mobilisés ce vendredi devant l’unité industrielle située à Manéah, dans la haute banlieue de Conakry. À travers des slogans comme « Libérez Topaz…. », ils ont exprimé leur colère face à la situation que traverse l’entreprise et réclamé la reprise de l’ensemble de ses activités de production.
Devant la presse, Kabinet Kouyaté, l’un des responsables du bureau syndical de Topaz, a expliqué les motivations de cette mobilisation. Selon lui, plus d’un millier de travailleurs se retrouvent actuellement à la maison, dans l’incertitude quant à leur avenir professionnel: « Aujourd’hui, ces travailleurs ont eux-mêmes décidé de monter à bord des bus pour rallier Topaz afin de réclamer leurs emplois, qui sont en passe d’être perdus. D’une seule voix, ils se lèvent pour demander aux autorités d’autoriser Topaz à produire l’ensemble de ses articles. Les responsables de l’entreprise ont pourtant pris toutes les dispositions nécessaires, avec des mesures d’accompagnement, pour assurer une bonne gestion des déchets issus des plastiques à usage unique produits par Topaz », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, le responsable syndical a rappelé que le PDG de l’entreprise aurait même proposé au ministère concerné de financer une mission d’étude dans cinq pays afin de permettre à une délégation guinéenne de s’inspirer de leurs expériences en matière de gestion des déchets: « À un moment donné, le PDG avait demandé au ministre de choisir cinq pays, avec tous les frais à sa charge, pour qu’une délégation puisse aller s’enquérir des réalités de ces pays en matière de gestion des déchets. Il est prêt à reproduire la même démarche ici, en Guinée », a-t-il précisé.
Sous les ovations des travailleurs mobilisés, Kabinet Kouyaté a ensuite dénoncé ce qu’il considère comme une situation de concurrence déloyale sur le marché guinéen, notamment l’introduction de produits plastiques en provenance de l’étranger: « Ce qui nous fait mal aujourd’hui et qui a suscité la colère des travailleurs, c’est le constat d’une forte contrebande sur le marché guinéen. Nous constatons l’introduction de plastiques venus d’ailleurs, notamment de la Sierra Leone. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. On empêche Topaz, qui travaille dans les normes et dont les produits sont biodégradables, de produire, pendant qu’on accepte les produits venus d’ailleurs. Est-ce ainsi qu’on entend protéger la production nationale ? », s’est-il interrogé.
Pour lui, cette situation est d’autant plus préoccupante que Topaz est implantée en Guinée depuis plus de vingt ans et contribue à l’économie nationale à travers la création d’emplois et la distribution de ses produits sur l’ensemble du territoire: « Topaz existe ici depuis plus de vingt ans et nous savons ce que cette entreprise apporte à la population guinéenne, ne serait-ce qu’à travers les emplois qu’elle a créés. Sur toute l’étendue du territoire national, les marchés sont approvisionnés en produits de Topaz. Les magasins sont ouverts et nos femmes utilisent ces plastiques. Si on empêche aujourd’hui la production de Topaz, cela constituera un véritable frein et les conséquences se répercuteront sur toute la population », a-t-il averti.

Dans son intervention, le responsable syndical a également lancé un appel au président de la République de Guinée, qu’il considère comme le seul capable de trouver une issue favorable à cette situation: « Nous lançons une doléance au président de la République, le père de la Nation, afin qu’il vienne en aide aux pauvres citoyens guinéens, particulièrement aux ouvriers de Topaz, pour leur permettre de reprendre normalement leurs activités de production. C’est lui seul qui peut apporter une solution à nos problèmes. Nous avons l’impression que certains responsables sont en train d’envenimer la situation. Mais je suis convaincu d’une seule chose : le président de la République n’est pas informé de ce qui se passe réellement », a-t-il déclaré.

Pour terminer, les travailleurs ont annoncé leur volonté de poursuivre la mobilisation dans les prochains jours jusqu’à la satisfaction de leur revendication principale, à savoir la reprise effective de toutes les activités de production de Topaz. Ils ont toutefois tenu à rassurer que leurs prochaines manifestations se dérouleront dans la discipline et sans violence.
« Nous allons poursuivre cette manifestation très prochainement jusqu’à la satisfaction de notre appel, toujours dans la discipline, sans casse et sans barricader la route », ont-ils prévenu.
Amadou Diallo













