Un nouveau chapitre s’ouvre ce jeudi dans le procès de l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), où les débats se poursuivent autour de nouvelles pièces produites par le parquet spécial.
Lors de la précédente audience tenue le 11 juin, le ministère public a versé au dossier un document présenté comme un élément de preuve relatif à la situation administrative et salariale de l’ancien dignitaire du régime d’Alpha Condé. Selon le parquet, ce document ferait état de l’existence de deux matricules administratifs attribués à Dr Mohamed Diané au sein de l’administration publique guinéenne.
Le parquet soutient également que l’ancien ministre serait enregistré comme fonctionnaire à la Cour suprême et percevrait des émoluments de 450 millions de francs guinéens pour chacun de ces matricules, soit un montant cumulé de 900 millions de francs guinéens par mois.
Ces révélations ont suscité de vifs échanges entre les différentes parties au procès, la défense contestant plusieurs éléments présentés par l’accusation. Les débats de ce jeudi devraient permettre à la juridiction de poursuivre l’examen de cette pièce ainsi que des arguments avancés par les parties.
À l’issue de l’audience du 11 juin, le président de la chambre de jugement, le magistrat Daye Mara, avait renvoyé l’affaire au 25 juin 2026. Selon plusieurs observateurs du dossier, cette audience pourrait être marquée par les réquisitions du parquet spécial et les plaidoiries des avocats des différentes parties, une étape déterminante avant une éventuelle mise en délibéré.
Dr Mohamed Diané est poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. L’ancien ministre a toujours rejeté les accusations portées contre lui.
L’audience de ce jeudi est particulièrement attendue, tant par les acteurs judiciaires que par l’opinion publique, en raison des enjeux financiers évoqués et de l’évolution d’un dossier considéré comme l’un des plus emblématiques des procédures engagées par la juridiction anticorruption.
Amadou Diallo













