La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) rend sa décision ce mercredi 1er juillet 2026 dans le dossier impliquant l’ancien ministre Oyé Guilavogui. À l’issue de ses réquisitions, le parquet spécial a sollicité une peine de dix ans d’emprisonnement, une amende de 50 milliards de francs guinéens ainsi que la délivrance d’un mandat d’arrêt à son encontre.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et faits présumés de corruption, l’ancien ministre des Postes et Télécommunications puis de l’Environnement sous le régime d’Alpha Condé est absent du territoire national depuis novembre 2023. Parti en Tunisie pour des soins médicaux, il n’a pas comparu devant la juridiction.
Lors de l’audience du 10 juin dernier, le ministère public a développé ses réquisitions en s’appuyant notamment sur plusieurs projets publics gérés par l’ancien ministre. L’accusation évoque des irrégularités présumées portant sur les fonds destinés à la relance de la SOTELGUI, au déploiement du backbone national, au programme de reboisement financé par le Fonds forestier national ainsi qu’à d’autres projets exécutés durant son passage au gouvernement.
Selon le parquet, une partie des ressources allouées à ces programmes n’aurait pas été justifiée. Il a notamment soutenu que, sur les 50 millions de dollars destinés à la relance de la SOTELGUI, 12 millions de dollars demeurent sans justification après l’exécution d’une partie du projet par Huawei. Le ministère public fait également état de plus de 40 milliards de francs guinéens engagés dans le cadre du reboisement et d’environ 60 milliards de francs guinéens liés au projet de confection des cartes biométriques dont l’utilisation serait restée inexpliquée.
S’appuyant sur les conclusions de l’Inspection générale d’État (IGE), l’accusation affirme par ailleurs que plus de 213 milliards de francs guinéens auraient été décaissés du Trésor public sans justificatifs suffisants.
Sur le volet de l’enrichissement illicite, le parquet estime que le patrimoine attribué à Oyé Guilavogui est sans commune mesure avec les revenus qu’il a déclarés lorsqu’il exerçait ses fonctions ministérielles. Plusieurs biens immobiliers situés notamment à Sanoyah, Kobaya, Ratoma, Kindia, Féréfou, Macenta et Diécké, ainsi que des véhicules, ont été cités au cours des débats.
Concernant les faits présumés de blanchiment de capitaux, le ministère public soutient que des comptes bancaires en devises auraient été alimentés par des fonds provenant des différents projets placés sous sa responsabilité. Il l’accuse également d’avoir tiré des avantages de l’attribution de certains marchés publics.
De son côté, la partie civile a demandé à la Cour d’étendre la liste des biens susceptibles d’être saisis en y intégrant d’autres actifs évoqués au cours des audiences.
Après la clôture des débats, la chambre de jugement avait mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu ce mercredi 1er juillet 2026 et déterminera si l’ancien ministre est reconnu coupable ou acquitté des faits qui lui sont reprochés.
Amadou Diallo














