Les nouvelles mesures américaines concernant les demandeurs de visas guinéens continuent de faire réagir en Guinée. Entre le transfert du traitement des demandes de visas vers Dakar et l’instauration d’une caution pouvant atteindre 20 000 dollars pour certains demandeurs, les opinions restent partagées. Si certains estiment que Washington ne fait qu’exercer sa souveraineté, d’autres exhortent les autorités guinéennes à privilégier la voie diplomatique afin d’obtenir un assouplissement de ces dispositions.
À Kipé, dans la commune de Ratoma, Alpha Bah, gérant d’un bar-café, affirme comprendre la position des autorités américaines, même s’il regrette les conséquences de ces décisions sur les citoyens guinéens.

« C’est une décision qui nous attriste, surtout pour ceux qui souhaitent voyager pour les études, les affaires ou rendre visite à leurs proches. Mais chaque État est souverain et libre de fixer les conditions d’entrée sur son territoire. Les États-Unis défendent simplement leurs intérêts », déclaré Alpha Diallo au micro de notre reporter.
Une analyse que ne partage pas Ibrahima Aminata Diallo. Le coordinateur de la Coalition nationale des associations pour la paix et le développement estime que ces nouvelles mesures risquent de pénaliser davantage les Guinéens, déjà confrontés à de nombreuses difficultés pour obtenir un visa américain.

« La réciprocité avec les États-Unis n’est ni réaliste ni bénéfique pour la Guinée. La meilleure option reste le dialogue. Les autorités guinéennes doivent engager des discussions diplomatiques avec Washington afin de défendre les intérêts de leurs citoyens et plaider pour un réexamen de ces mesures », a soutenu ce jeune leader de l’axe. Selon lui, une approche diplomatique serait plus efficace qu’une escalade des tensions et permettrait de préserver les relations entre les deux pays tout en facilitant la mobilité des citoyens guinéens.
Dans les rues de Conakry, beaucoup de gens redoutent que ces nouvelles exigences viennent compliquer davantage les démarches des candidats au voyage, dans un contexte où les refus de visas est déjà fréquent.
AOB














