Quatorze ans après le massacre de Zogota, les victimes attendent toujours que justice leur soit rendue. C’est le constat dressé ce mardi 4 août 2026 par Maître Pépé Antoine Lamah, avocat au Barreau de Guinée et membre du collectif des avocats de la défense des victimes.
Selon lui, aucune avancée concrète n’a été enregistrée depuis l’ordonnance de transmission des pièces rendue en 2014, qui équivaut à un renvoi devant le tribunal criminel. L’avocat regrette qu’aucune diligence n’ait été accomplie depuis cette décision pour que les personnes visées répondent de leurs actes devant la justice guinéenne.
Face à cette situation, le collectif s’est tourné vers la Cour de justice de la CEDEAO, qui a rendu un arrêt en 2020 reconnaissant la responsabilité de l’État guinéen pour plusieurs violations des droits de l’Homme, notamment le droit à la vie, le droit à un procès équitable ainsi que le droit à ce que les responsables soient jugées dans un délai raisonnable.
Maître Pépé Antoine Lamah rappelle que cette juridiction a condamné la République de Guinée à verser 3,6 milliards de francs guinéens aux victimes. Toutefois, il affirme que cette indemnisation n’a toujours pas été exécutée.
Le collectif des avocats réclame désormais l’exécution intégrale de cette décision ainsi que l’organisation d’un procès afin que les personnes mises en cause dans l’ordonnance de 2014 répondent de leurs actes devant la justice.
Revenant sur les faits, l’avocat rappelle que dans la nuit du 3 au 4 août 2012, des habitants de Zogota, qui manifestaient contre ce qu’il qualifie d’expropriations illégales, auraient été surpris par une intervention des forces de défense et de sécurité. Selon lui, cette attaque aurait fait six morts, plusieurs blessés graves et donné lieu à des arrestations arbitraires.
Malgré les années écoulées, Maître Pépé Antoine Lamant assure que le collectif n’entend pas abandonner le dossier. Il indique avoir récemment obtenu d’une juridiction française l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur le territoire français. Il affirme également que d’autres recours juridiques et des actions de plaidoyer seront poursuivis afin d’obtenir l’indemnisation des victimes et la tenue d’un procès.
L’avocat appelle enfin les autorités guinéennes à faire preuve d’une plus grande volonté pour permettre aux victimes d’être rétablies dans leurs droits.
Aboubacar Sidiki Camara














