Après plusieurs semaines consacrées à la formation des agents et à la sensibilisation des acteurs concernés, c’est une nouvelle étape dans la connaissance du tissu économique du pays. Ce 24 septembre 2026, le premier Recensement général des entreprises (RGE-1) a officiellement lancé sa phase de collecte des données dans la commune de Matam, avec un démarrage marqué par une mobilisation autour de la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée.
Le choix de la commune de Matam ne relève pas du hasard. Cette zone figure parmi les espaces particulièrement actifs de la capitale sur le plan commercial et économique notamment avec le marché Madina. En lançant l’opération dans cet environnement, les initiateurs entendent donner une impulsion concrète à une démarche appelée à couvrir progressivement les différents acteurs économiques du pays.

Pour Mamadou Camara, directeur général adjoint de l’Institut national de la statistique, le RGE-1 s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du système statistique national. Après les opérations consacrées à la population, l’attention se porte désormais sur les opérateurs économiques.
L’enjeu est notamment de disposer, pour la première fois, d’une vision plus précise du nombre et de la répartition des acteurs qui participent à l’activité économique nationale. Cette connaissance doit, selon les responsables de l’opération, constituer un outil d’aide à la planification. Identifier les entreprises, leurs implantations et leurs caractéristiques permettrait de disposer d’une base statistique plus solide pour orienter les interventions publiques et mieux prendre en compte les réalités du terrain.
Cette opération concerne un éventail particulièrement large d’acteurs. Commerçants, chefs d’entreprise, industriels, propriétaires de magasins, boutiques ou conteneurs disposant d’une localisation fixe sont appelés à participer au recensement. Une particularité importante est mise en avant par les organisateurs : le caractère formel ou informel de l’activité ne constitue pas, en lui-même, un critère d’exclusion.

Mamadou Saïdou Baldé, vice-président de l’industrie à la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat, antenne communale de Matam, explique que les structures locales auront notamment pour rôle de faciliter la mobilisation et l’orientation des opérateurs dans les différentes zones retenues pour la commune. L’objectif est ainsi de rapprocher l’opération des réalités quotidiennes du terrain et de favoriser la participation du plus grand nombre.
Au-delà du dénombrement, le RGE-1 porte également une ambition de diagnostic économique. Les informations collectées doivent contribuer à une meilleure compréhension des difficultés rencontrées par les différents acteurs. Pour les responsables mobilisés autour de l’opération, cette connaissance pourrait notamment aider à identifier les besoins en matière d’infrastructures commerciales, d’implantations industrielles, de financement ou encore d’accompagnement. Les données issues du recensement pourraient également servir de référence aux partenaires techniques et financiers appelés à intervenir dans le développement du secteur privé. Avec ce lancement, la Guinée engage ainsi une opération statistique appelée à dépasser le simple décompte des entreprises : elle cherche à établir une base de connaissance susceptible d’éclairer durablement la compréhension et l’accompagnement de son économie.

Désormais, chaque entreprise recensée devient une donnée essentielle pour mieux comprendre, planifier et accompagner l’activité économique guinéenne de demain.
Amadou Diallo













