À l’occasion de la rentrée solennelle de l’Assemblée nationale de la République de Guinée, ce lundi 5 octobre 2026, au Palais du peuple, l’honorable Adjaratou Traoré, deuxième vice-présidente du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a pris la parole dans la salle des Congrès. Elle a transmis les salutations de l’institution communautaire aux autorités guinéennes et appelé au renforcement de la coopération parlementaire, de l’intégration régionale et du dialogue entre les peuples ouest-africains.
Le discours :
« C’est avec un réel plaisir et une profonde gratitude que je me tiens devant votre auguste Assemblée, en ce moment solennel qui marque l’ouverture de la session ordinaire unique 2026-2027 de l’Assemblée nationale de la République de Guinée.
J’ai le privilège de représenter Son Excellence Madame Hadja Maimounatou Ibrahima, présidente du Parlement de la CEDEAO, et de vous transmettre, Monsieur le Président, ainsi qu’à l’ensemble des honorables députés, ses salutations fraternelles et ses vœux de plein succès.
Permettez-moi également, au nom de la présidente et du Parlement de la CEDEAO, d’adresser nos salutations respectueuses à Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée, ainsi qu’au gouvernement de la République, en leur souhaitant pleine réussite dans l’accomplissement de leur mission au service de la nation.
Enfin, à travers les institutions de la République ici représentées, nos pensées vont au peuple guinéen, auquel notre communauté est unie par une histoire, des aspirations et un avenir profondément partagés.
Monsieur le Président, honorables députés,
La présence du Parlement de la CEDEAO à cette rentrée parlementaire va bien au-delà d’une marque de courtoisie institutionnelle. Elle exprime notre solidarité avec la Guinée et notre volonté de consolider les relations entre nos institutions parlementaires.
Cette rentrée revêt donc une portée particulière. Elle intervient après les consultations électorales et l’installation de nouvelles institutions représentatives.
Une nouvelle étape s’ouvre donc, celle de la consolidation des institutions, du renforcement de la confiance des citoyens et de l’enracinement d’un débat démocratique ouvert et responsable.
Dans cette dynamique, l’Assemblée nationale occupe une place centrale.
La Guinée compte dans l’histoire comme dans l’avenir de notre région. Membre fondateur de la CEDEAO, elle a participé dès l’origine à l’ambition d’une Afrique de l’Ouest capable de construire collectivement son destin.
Sa position géographique, ses ressources et son potentiel économique lui confèrent aujourd’hui encore un rôle important dans l’approfondissement de l’intégration régionale.
Monsieur le Président, honorables invités, honorables députés,
Notre région fait face à des défis qui dépassent les frontières nationales. Il s’agit notamment du terrorisme, des changements climatiques, de l’emploi des jeunes, de la sécurité alimentaire et énergétique, de la transformation numérique et de la gouvernance des ressources naturelles.
Aucun de nos États ne peut, à lui seul, apporter des réponses durables à ces défis.
Notre capacité d’action dépend de la qualité de notre dialogue, de la convergence de nos efforts et de notre aptitude à traduire nos engagements communautaires en résultats concrets pour nos populations.
Les parlements ont, à cet égard, une responsabilité unique et particulière. Ils sont à la fois l’expression de la souveraineté populaire, des espaces de dialogue et des acteurs essentiels du contrôle de l’action gouvernementale.
Il nous appartient donc de faire en sorte que l’intégration régionale soit mieux comprise et davantage ressentie dans la vie quotidienne de nos citoyens.
Après plus de 50 années d’intégration, notre ambition doit se mesurer par ses effets concrets.
Elle doit se traduire par une libre circulation effective des personnes et des biens, davantage d’opportunités économiques, une sécurité collective renforcée et des institutions communautaires plus proches des citoyens.
C’est dans cette perspective que le Parlement de la CEDEAO souhaite approfondir ses relations avec l’Assemblée nationale de la République de Guinée.
Le dialogue entre nos commissions techniques, le partage d’expériences et de bonnes pratiques législatives, le suivi des engagements communautaires et la concertation sur les grands enjeux régionaux constituent des domaines dans lesquels nous pouvons agir ensemble de manière concrète.
Notre diplomatie parlementaire doit également servir la prévention des crises, le rapprochement des peuples et la défense concertée des intérêts de notre espace communautaire.
Il ne s’agit donc pas seulement de rapprocher deux institutions. Il s’agit, à travers elles, de rapprocher davantage nos peuples et de faire de la coopération parlementaire un instrument au service de la paix, de la stabilité et du développement partagé. »
Cette intervention de la deuxième vice-présidente du Parlement de la CEDEAO vient ainsi réaffirmer l’importance accordée par l’institution communautaire à la coopération avec la Guinée. À travers le dialogue parlementaire et le partage d’expériences, la CEDEAO entend contribuer à une intégration régionale davantage orientée vers les préoccupations concrètes des populations.
Amadou Diallo













