Le comité Nobel norvégien a tranché : le prix de la paix 2026 revient à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, pour son rôle dans la poursuite des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide. Son président, Jorgen Watne Frydnes, a salué son « courage » et son « intégrité », rappelant qu’à l’heure où les guerres se multiplient, le droit international n’est plus un simple complément de la paix mais une nécessité absolue.
L’annonce l’a surprise à Nuremberg, dans la salle d’audience où furent jugés les dirigeants nazis, un hasard qu’elle a qualifié de clin d’œil du destin. Elle a dédié sa récompense « à tous les survivants de crimes internationaux », non sans glisser, sous les ovations, qu’elle pourrait peut-être partager le prix avec Donald Trump. Son nom reste associé à la commission d’enquête de l’ONU sur les territoires palestiniens et Israël, qu’elle a présidée et qui a accusé Israël de commettre un génocide à Gaza.
Tout part de Durban, où elle naît dans une famille tamoule d’origine indienne sous l’apartheid. En 1967, elle ouvre le premier cabinet d’avocate tenu par une femme dans la province du Natal, défend des militants anti-apartheid, dénonce la torture et arrache des droits aux détenus de Robben Island.
Nelson Mandela, devenu président, la nomme à la Cour suprême, où elle est la première femme de couleur, mais elle rejoint vite le Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis la Cour pénale internationale (2003-2008) et le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (2008-2014). Aujourd’hui juge à la Cour internationale de justice, dans l’affaire où la Birmanie est accusée de génocide, elle devient la cinquième Sud-Africaine à recevoir ce prix et la quatrième Africaine, après Wangari Maathai, Leymah Gbowee et Ellen Johnson Sirleaf.













