La comparution de plusieurs personnalités est attendue le 23 novembre 2026 devant la justice, dans le cadre du dossier relatif à la disparition présumée de trois tonnes d’or à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Parmi les personnes concernées figurent Mamady Condé, représentant de la société Affinor en Guinée, Abdoulaye Yéro Baldé, ancien vice-gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba, actuel gouverneur de l’institution, ainsi que Daouda Diané, directeur juridique de la Banque centrale. Tous sont appelés à comparaître en qualité de témoins.
Ces comparutions, sollicitées par le procureur spécial Biwon Millimono lors de l’audience du 4 novembre, suscitent des interrogations. Interrogé sur la nécessité d’entendre ces témoins, maître Mohamed Sidiki Berété, avocat de l’ancien gouverneur Lounceny Nabé, estime que leur présence est indispensable à la manifestation de la vérité:
« Pour moi, c’est pour faire jaillir la vérité. Lounceny Nabé était certes le gouverneur, mais il y a plusieurs institutions, plusieurs directions. La Banque centrale a également un conseiller juridique. Si le ministère public a sollicité leur comparution, c’est pour faire la lumière », a expliqué l’avocat.
Il soutient par ailleurs que son client ne saurait être tenu seul responsable d’une opération qui aurait impliqué plusieurs acteurs et services de la Banque centrale. « Vous ne pouvez pas octroyer 200 millions de dollars à un individu sans traçabilité, sans preuve », a-t-il déclaré, avant de dénoncer ce qu’il considère comme une détention et des poursuites injustifiées contre son client.
La comparution de ces différents responsables pourrait ainsi permettre d’éclairer les circonstances de la conclusion et de l’exécution du contrat avec la société belge Affinor, ainsi que les responsabilités des différents intervenants dans cette opération. Trois tonnes d’or présumées disparues : « On ne peut pas faire porter toute la responsabilité à Lounceny Nabé », plaide son avocat
Maître Mohamed Sidiki Berété est également revenu sur le fond du dossier et sur les accusations visant son client, l’ancien gouverneur de la BCRG, Lounceny Nabé. Selon la défense, le contrat conclu avec la société Affinor en 2015 s’inscrivait dans le cadre d’une opération de placement destinée à permettre à la Banque centrale de disposer de devises, notamment en dollars et en euros, afin de contribuer à la stabilisation du franc guinéen.
L’avocat affirme que l’opération avait été précédée de plusieurs procédures impliquant différents cadres de la Banque centrale. Sur les douze tonnes d’or initialement envoyées, neuf auraient fait l’objet de l’opération sans incident, tandis que la restitution du stock restant de trois tonnes serait devenue problématique après le départ de Lounceny Nabé de ses fonctions.
Il estime dès lors que la responsabilité de son client ne peut être engagée sans établir précisément les faits et le rôle de chaque intervenant: « La peine pénale est personnelle et chacun est responsable de ses propres faits », a rappelé maître Berété, évoquant également les démarches entreprises auprès de la société Affinor en Belgique pour obtenir la restitution de l’or.
Pour la défense, l’audition des témoins annoncés constitue donc une étape importante pour établir les responsabilités dans cette affaire, alors que les prochaines audiences sont attendues avec attention.
Amadou Diallo














