Derrière les chiffres budgétaires et les projections financières du Projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026, une autre préoccupation a retenu l’attention des parlementaires, la dégradation progressive des mangroves en Guinée. Un enjeu environnemental qui dépasse largement la seule question de la préservation du couvert végétal et touche directement à l’équilibre des écosystèmes côtiers ainsi qu’aux conditions de vie des populations riveraines.
Dans le cadre de l’examen du volet dépenses du PLFR 2026, la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération a consacré une partie de ses recommandations à cette problématique. À la page 11 de son document, présenté par le Rapporteur général, l’Honorable N’Gouamou Fabara KONE, l’Assemblée nationale attire l’attention du Gouvernement sur la détérioration progressive de ces écosystèmes naturels.
Pour les parlementaires, la dégradation des mangroves constitue une source de préoccupation majeure. En l’absence de mécanismes de compensation et de dispositifs de protection suffisamment efficaces, cette évolution pourrait entraîner des conséquences importantes sur les équilibres écologiques et économiques des zones côtières.
L’une des principales menaces identifiées concerne la raréfaction des ressources halieutiques. En effet, les mangroves jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes côtiers et constituent des espaces de reproduction, de croissance et de refuge pour de nombreuses espèces aquatiques. Leur dégradation risque ainsi de fragiliser les ressources dont dépendent les activités de pêche et, par conséquent, les revenus de nombreuses familles installées le long du littoral.
Au-delà de la dimension écologique, l’alerte parlementaire met en lumière les conséquences sociales et économiques de cette dégradation. La raréfaction des ressources halieutiques pourrait durablement affecter les moyens de subsistance des populations riveraines, particulièrement celles qui dépendent de la pêche et des activités connexes pour assurer leurs revenus. La disparition progressive des mangroves ne représente donc pas uniquement une perte pour l’environnement. Elle constitue également un facteur de vulnérabilité pour les communautés côtières, dont l’activité économique reste étroitement liée à la santé des écosystèmes naturels.
Face à cette situation, l’Assemblée nationale invite le ministre en charge de l’Environnement à prendre toutes les dispositions nécessaires pour renforcer la protection des mangroves. Les recommandations parlementaires s’articulent autour de trois principaux leviers, la mise en place de politiques de restauration des écosystèmes dégradés, une meilleure régulation des activités humaines susceptibles de compromettre leur équilibre et le renforcement de la sensibilisation des communautés.
À travers cette recommandation formulée dans le cadre de l’examen du volet dépenses du Projet de loi de finances rectificative pour l’année 2026, l’Assemblée nationale rappelle que les questions environnementales doivent également trouver leur place dans les priorités de l’action publique.
Le message adressé au Gouvernement est donc celui d’une prise en charge plus structurée de cette problématique. Car protéger les mangroves, c’est aussi préserver les ressources qui nourrissent les populations, soutiennent les activités économiques côtières et contribuent à l’équilibre environnemental du pays.
Amadou Diallo













