Entre une saisie contestée depuis 2018 et un procès ouvert ce mercredi 7 octobre 2026, l’affaire qui oppose Ecobank Guinée à des officiers ministériels a pris une tournure pénale. Devant la chambre de jugement de la CRIEF comparaissent Sory Daouda Camara, président honoraire de la Chambre nationale des huissiers de justice, et son collaborateur Mandjou Sangaré, poursuivis pour escroquerie au jugement, faux en écriture publique et authentique, usage de faux, usurpation de titre et de fonction, et complicité.
Le parquet leur reproche un procès-verbal de 2018, dressé par Mandjou Sangaré alors qu’il n’était pas assermenté, constatant un prétendu refus de déclaration de la banque, puis signé et revêtu du sceau de son employeur. Le tribunal l’avait annulé la même année, mais la procédure s’est poursuivie : la CCJA a condamné Ecobank en 2025, et un commandement de payer de plus de 4,6 millions de dollars lui a été signifié en mai 2026, ce qui a conduit la banque à saisir la CRIEF en juin.
Détenus à Coyah depuis le 29 septembre, les deux prévenus ont rejeté les accusations à la barre, Sory Daouda Camara défend la régularité de son intervention dans une salle où plusieurs confrères étaient venus le soutenir.
La corporation, elle, ne cache pas son mécontentement. Dans la soirée, Me Lansana Bangoura, chargé de la communication de la Chambre des huissiers de Guinée, a indiqué que ses pairs espéraient une remise en liberté de leurs deux confrères, à la suite de démarches de personnes de bonne volonté, et ont donc décidé d’annoncer un mouvement de débrayage face à leur maintien en détention.
Un courrier sera déposé dès jeudi matin auprès de la tutelle, et d’autres lettres seront adressées au Barreau, aux commissaires-priseurs, aux magistrats et aux greffiers pour solliciter leur soutien.













