Les retombées financières du projet Simandou devraient prendre une place importante dans les revenus miniers de la Guinée. Selon Mohamed Lamine Conté, premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), l’exploitation du gisement pourrait rapporter environ 350 millions de dollars à l’État en 2026, un montant comparable aux recettes générées par l’ensemble des autres projets miniers réunis.
Cette estimation a été présentée le 24 octobre, lors des discussions sur le projet de loi de finances rectificative. Elle intervient alors que les prévisions de croissance économique du pays s’établissent à 8,6 % pour 2026, contre 7,1 % en 2025, grâce notamment au dynamisme des activités extractives et à la progression des expéditions de minerai de fer. Ces perspectives restent toutefois influencées par la conjoncture internationale, caractérisée par la hausse des prix de l’énergie, les pressions inflationnistes et le coût du transport et des financements extérieurs.
Pour la Banque centrale, la mobilisation de ces nouvelles recettes devra s’accompagner de mesures destinées à préserver les équilibres économiques. Mohamed Lamine Conté a rappelé que des revenus miniers importants, lorsqu’ils sont mal gérés, peuvent alimenter l’inflation, augmenter les coûts intérieurs et pénaliser les activités agricoles, industrielles et de services.
L’enjeu pour les autorités est donc de convertir les ressources attendues de Simandou en investissements utiles à l’économie nationale, plutôt que de dépendre exclusivement de la croissance du secteur extractif. La diversification des activités productives, le soutien aux entreprises locales et une gestion rigoureuse des finances publiques seront déterminants pour que les revenus du projet contribuent durablement au développement de la Guinée.