Accusée d’avoir expulsé des ressortissants burkinabè et d’autres nationalités des sites miniers de Siguiri sans préavis ni procédure, la Guinée assume sa démarche. Face aux critiques, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a apporté des précisions sur les arrestations, les poursuites judiciaires et la remise de plusieurs ressortissants étrangers à leurs représentations diplomatiques. Il affirme que les autorités guinéennes ont privilégié le dialogue et la fraternité africaine avant de constater, selon lui, une reprise des activités minières illégales. Voici l’intégralité de sa déclaration:
« Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Des clandestins ? Ils ne sont même plus des clandestins. Employons les mots : ce ne sont pas des clandestins. Vous avez vu l’image d’un jeune qui a dit : “Nous, on est venus pour creuser ici, détruire la terre de la Guinée, prendre ce qu’on gagne et aller construire chez nous.” Il ne l’a pas dit clandestinement. Il l’a dit sur Facebook et TikTok.
Et ceux-là n’ont pas de nationalité. Ce sont des individus. Il y a des Guinéens, il y a des Chinois. La première vague que nous avons eue ici, c’est 249 personnes qui ont été arrêtées pour cette exploitation sauvage. 409 Burkinabè, 66 Maliens au départ, des Burkinabè, des Ivoiriens, des Togolais, des Ghanéens, des Nigériens, des Béninois, des Vietnamiens, des Indiens, des Sierra-Léonais, des Camerounais, qui participent à la destruction de la nature de façon incontrôlée. Ils ont été arrêtés.
Le président de la République a dit, en tant que chef de la magistrature suprême et avec mon droit d’intervenir dans ce domaine : “Je demande au ministre des Affaires étrangères de traiter cette question de façon diplomatique pour raffermir encore davantage les relations avec nos partenaires et nos pays frères.”
Ici, c’est signé le 3 juillet 2026 à 13 h 09, signé par le représentant, le consul du Mali, M. Tidjane Haïdara. On lui a remis les Maliens qui étaient arrêtés dans ce domaine-là. Là, ici, on a remis à M. Aboubacar Konaré, consul de l’ambassade de la République du Mali en Guinée. Il a son contact et tout. On lui a remis, le 14 juin 2026 à 16 h 30, ces 163 personnes.
Et ils étaient poursuivis. Je parle sous le contrôle du ministre de la Justice. Ils étaient poursuivis pour exploitation illégale de mines, infraction prévue et réprimée par l’article 207 du Code minier ; pour dégradation de l’environnement, infraction prévue et réprimée par l’article 178 du Code pénal de l’environnement ; pour exercice d’une activité professionnelle sans autorisation, conformément à l’article 131 du Code du travail guinéen.
Pour destruction massive de l’environnement. Ils ont été poursuivis pour traite des êtres humains. Parce que c’est de la traite des êtres humains dans les mines. Une ou deux personnes font la traite de 10, 20 ou 30 personnes. Ils ont été poursuivis pour cela. Ce sont les chefs d’accusation. Je parle sous le contrôle du ministre de la Justice.
Ils sont là. Chacun a été remis. Ici, les Togolais, les pays que j’ai signalés, ils sont là. Notre justice a fait un travail merveilleux pour appliquer ce vœu du chef de l’État, qui ne veut pas s’immiscer dans les affaires judiciaires.
Ils ont été remis à leurs ambassades. Ni vu ni connu. Ni vu ni connu. Nous n’avons parlé à personne. Nous avons appelé les représentants de ces pays. Nos frères. Parce que ce que j’ai dit, le passé, il est là. Et nous le respectons avec notre président.
Nous les avons remis. Personne n’a vu dans les journaux ou sur les réseaux sociaux ce que je suis en train de vous dire. Mais maintenant, je les libère. Vous pouvez venir les filmer, les photographier, signer des différents représentants de ces pays.
On leur a dit : nous sommes des frères. Ils sont sous le coup d’infractions. Mais la fraternité, l’africanité de la Guinée est au-dessus de toutes les lois. Prenez-les. Ce sont nos frères, ce sont nos sœurs qui sont partis. Nous n’avons rien dit.
Juin, juillet. Parce qu’ils sont là, en permanence. Juin, juillet. Maintenant, on est en août, septembre. En septembre, ceux qui ont été renvoyés paisiblement, non poursuivis, c’est comme s’ils étaient allés en chercher d’autres. Ils ont réenvahi Siguiri, et la Haute-Guinée et la Guinée. Ils sont revenus par centaines et par milliers. Par centaines. Ils ont recommencé.
Parce qu’ils ont confondu le panafricanisme du président, le panafricanisme de la Guinée, avec de la faiblesse. Ils ont cru que nous étions un pays faible….»
Décryptage: Amadou Diallo














