Face aux appels à des représailles visant les ressortissants guinéens vivant au Burkina Faso, les autorités burkinabè affichent une position ferme. La ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a tenu à rassurer la communauté guinéenne, tout en condamnant les discours susceptibles de provoquer des tensions entre les deux peuples.
Intervenant sur la Télévision nationale du Burkina Faso, dans un contexte marqué par des départs massifs de ressortissants burkinabè des sites d’exploitation artisanale de l’or à Siguiri, en Guinée, la ministre a été interpellée sur les messages appelant à des représailles contre les Guinéens établis au Burkina Faso.
Sa réponse a été sans équivoque: « C’est l’occasion pour moi de dire que tous ceux qui sont en train de lancer des messages qui vont dans le sens de représailles à l’endroit des Guinéens, je voudrais les appeler au calme et à la retenue, et rassurer toutes les communautés, et particulièrement la communauté guinéenne, que elles sont ici au Burkina Faso comme chez elle et il n’est pas question qu’un Guinéen soit inquiété par la situation qui vient de se passer.
Nous allons prendre toutes les dispositions pour rassurer ces communautés que le gouvernement n’est ni de près ni de loin mêlé à ces mots d’ordre qui sont en train de fuser de part et d’autre.
Du reste, si nous le faisons, si nous participons à de tels appels, nous remettons même en cause le caractère panafricaniste de notre révolution progressiste populaire.
Et je voudrais rassurer l’ensemble du peuple burkinabè et l’ensemble du peuple africain que nous restons profondément africains, profondément panafricanistes, et toutes les communautés sont les bienvenues au Burkina Faso….»
Par cette déclaration, les autorités burkinabè entendent prévenir toute escalade de tensions et préserver les relations de fraternité entre les peuples guinéen et burkinabè. Un appel à la responsabilité et à la cohabitation pacifique dans un contexte qui exige davantage de dialogue et de retenue.
Décryptage: Amadou Diallo














