Le financement du développement local fait l’objet de préoccupations au sein de l’Assemblée nationale guinéenne. À la page 12 de son document de recommandations sur le volet dépenses du Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération met en lumière une faible rétrocession des ressources mobilisées au profit des collectivités locales.
Présenté par le Rapporteur général, l’Honorable N’Gouamou Fabara KONE, le rapport révèle un écart particulièrement important, sur les 2 316 milliards GNF encaissés par le Trésor public au titre des collectivités locales, seuls 15,67 milliards GNF, soit 0,65 %, ont été reversés à l’Agence nationale de financement des collectivités (ANAFIC). Une situation qui suscite l’interrogation des parlementaires sur l’effectivité de la redistribution des ressources publiques destinées au développement des territoires.
Pour l’Assemblée nationale, cette faible rétrocession soulève une question fondamentale, comment transférer des compétences aux collectivités locales sans leur garantir les ressources financières nécessaires à leur exercice ?
Les députés rappellent à cet égard les exigences de l’article 125 de la Constitution et estiment que le transfert de compétences perd son sens lorsque les ressources correspondantes ne suivent pas effectivement.
Ils interpellent ainsi le Premier ministre et demandent que les dispositions nécessaires soient intégrées dans la préparation des prochains projets de lois de finances. L’objectif est de garantir une allocation annuelle d’au moins 2 300 milliards GNF aux collectivités locales.
Autre recommandation, la ministre chargée des Finances est invitée à envisager la création d’une procédure spéciale d’exécution des dépenses au profit des collectivités locales et de certains organismes publics intervenant dans des domaines nécessitant des réponses urgentes.
À travers cette interpellation, l’Assemblée nationale place la question des ressources locales au cœur du débat sur la décentralisation et rappelle qu’aucune politique de développement territorial ne peut produire pleinement ses effets sans des financements effectivement transférés aux bénéficiaires.
Amadou Diallo














