La question du financement des cantines scolaires revient au centre des préoccupations de l’Assemblée nationale guinéenne. À l’occasion de l’examen du volet dépenses du Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération a exprimé de vives inquiétudes face à la non-exécution des crédits destinés à l’alimentation des élèves du primaire.
À la page 17 de son document de recommandations, l’Assemblée nationale met en lumière une situation particulièrement préoccupante, sur les 30 milliards de francs guinéens (GNF) inscrits au budget de l’exercice 2026 pour les cantines scolaires, aucun montant n’avait été payé à la date de l’examen. Le taux de paiement ressort ainsi à 0 %.
Cette absence totale de décaissement suscite l’indignation et l’incompréhension des parlementaires, au regard de l’importance des cantines scolaires dans le système éducatif. Pour les enfants issus des familles les plus vulnérables, ces dispositifs représentent bien plus qu’un simple service de restauration. Ils constituent un soutien alimentaire essentiel et contribuent à améliorer la fréquentation scolaire, à limiter les abandons et à favoriser la réussite des élèves.
L’Assemblée nationale juge difficilement acceptable que des ressources budgétaires destinées à l’alimentation des enfants restent entièrement inexécutées, alors que la lutte contre la précarité alimentaire et l’amélioration des conditions d’apprentissage figurent parmi les enjeux majeurs de l’action publique.
Face à ce constat, les députés interpellent directement les deux départements ministériels concernés. Ils invitent la ministre en charge des Finances et celle chargée de l’Éducation nationale à prendre, dans les meilleurs délais, toutes les dispositions nécessaires pour assurer le paiement effectif des crédits alloués aux cantines scolaires.
Au-delà de l’urgence immédiate, les parlementaires réclament également des mesures structurelles pour éviter que cette situation ne se reproduise. Ils demandent au Gouvernement de soumettre à la représentation nationale, au plus tard lors de l’examen du Projet de loi de finances initiale (LFI) 2027, un plan spécial d’exécution du budget des cantines scolaires.
Amadou Diallo













