À l’occasion de l’ouverture officielle de la Semaine de la rentrée parlementaire de la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale de Guinée, les délégations parlementaires venues de plusieurs pays ont pris la parole au Palais du Peuple, à Conakry, ce lundi 5 octobre 2026. Parmi les interventions marquantes, celle du président de la Chambre des représentants du Liberia, Richard Nagbe Koon, a porté sur les défis communs auxquels sont confrontés les pays de la région du fleuve Mano, notamment la migration, la sécurité, le commerce transfrontalier et l’intégration régionale.
Dans son intervention, le responsable libérien a également plaidé pour la concrétisation du Parlement de l’Union du fleuve Mano et annoncé que la Chambre des représentants du Liberia accueillera, du 9 au 11 décembre 2026, la 4ᵉ Assemblée générale du COSPAR à Monrovia, consacrée au renforcement du commerce et de l’investissement intra-africains.
Voici l’intégralité de sa déclaration :
« Au nom du gouvernement et du peuple libériens, et en mon nom propre, je félicite Son Excellence le Président à l’occasion du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Guinée.
Je félicite également le président Dr Dansa Kourouma et les membres de cette Assemblée nationale qui assument la responsabilité historique de diriger la 10ᵉ législature de la Guinée. Nous vous souhaitons sagesse, courage et unité au service du peuple guinéen.
La Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire partagent des frontières, une histoire, des liens familiaux et culturels, ainsi que des marchés. Ces liens constituent une force. Mais ils représentent également des défis communs, tels que l’immigration transfrontalière, la traite des êtres humains, le trafic illicite de migrants, l’insécurité, le commerce informel, le chômage et la faiblesse des infrastructures frontalières.
La migration mérite une attention particulière. Le Liberia, tout comme d’autres pays de notre région, accueille des migrants venus de toute l’Afrique de l’Ouest, dont environ 140 000 Burkinabè sans papiers ou en situation irrégulière.
Si les migrations contribuent à nos économies et à nos sociétés, l’immigration clandestine peut engendrer des difficultés en matière de gestion des frontières, de sécurité, de fiscalité, de réglementation du travail et d’accès aux services publics.
Notre réponse ne doit pas être hostile aux migrants. Elle doit être ordonnée, légale, documentée et humaine, tout en protégeant la sécurité nationale et la dignité de chaque personne.
Ces défis ne peuvent pas être relevés par un seul pays agissant seul. C’est là que le Parlement doit intervenir.
Nos assemblées législatives peuvent renforcer nos lois relatives aux migrations, à la traite des personnes, à la gestion des frontières et au commerce transfrontalier, exercer un contrôle plus strict sur les institutions chargées de la gestion des frontières et promouvoir des accords qui facilitent la circulation légale des personnes et des biens, tout en protégeant nos communautés.
Nos frontières doivent être des ponts, et non des barrières, mais des ponts correctement gérés et sécurisés.
C’est pourquoi la mise en place du Parlement de l’Union du fleuve Mano doit désormais passer de la déclaration à la mise en œuvre. Nos présidents d’Assemblée ont déjà approuvé cette importante initiative. J’espère que les trois présidents d’Assemblée présents ici s’accorderont sur une date précise pour notre prochaine réunion, afin que nous puissions finaliser les formalités restantes.
Un Parlement de l’Union du fleuve Mano opérationnel peut offrir à notre région une plateforme permanente pour relever les défis communs, harmoniser les politiques, faciliter le commerce, renforcer les communautés frontalières et promouvoir la paix et la sécurité.
Nos exécutifs négocient des accords. Il appartient au Parlement de transformer ces accords en lois, en budgets et en institutions qui produisent des résultats.
Dans cet esprit, j’ai le plaisir d’annoncer que la Chambre des représentants du Liberia accueillera la 4ᵉ Assemblée générale du COSPAR Amorovia, du 9 au 11 décembre 2026, sous le thème : “Renforcer le commerce et l’investissement intra-africains”.
Ce thème reflète ce que nous devons faire dans la région du fleuve Mano, notamment rendre l’intégration concrète pour nos populations : garantir une circulation légale et sûre, assurer un transport efficace des marchandises, renforcer la sécurité des frontières et faire en sorte que les communautés bénéficient des retombées de cette intégration.
Alors que nous célébrons l’indépendance de la Guinée et ouvrons ce nouveau chapitre de notre engagement parlementaire, nous nous engageons à bâtir une Union du fleuve Mano plus forte, une Afrique de l’Ouest plus intégrée et une Afrique dont les parlements s’expriment avec courage, unité et détermination. »
Cette intervention vient ainsi renforcer le message d’une coopération parlementaire régionale davantage orientée vers des actions concrètes, notamment en matière de mobilité, de sécurité, de commerce et d’intégration au sein de l’espace du fleuve Mano.
Amadou Diallo













